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Le Paria ou les trépidantes pérégrinations d'un orphelin

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Le Paria ou les trépidantes pérégrinations d'un orphelin

Message par Randal le cuistot le Ven 2 Juin - 8:50


Le soleil rayonnait sur les plaines dorées où soufflait une brise sereine.Les fermes , les hameaux , les routes , tout était minuscule à cette altitude et le griffon déploya ses ailes jusqu'à son envergure maximale , planant indolemment . Il posa son regard en contrebas et repéra une pitance à se mettre sous le bec , il descendit alors en piqué et quand ses plumes frôlaient presque la paille , il attrapa dans ses mâchoires la gamine hurlante et reparti vers les cieux , laissant rouler la balle qu'elle avait lancé jusqu'aux pieds de Randal , quatre ans , les yeux exorbités , la gueule couverte de sang encore frais...La matinée dans les Marches de l'Ouest ne venait que commencer .






LE PARIA




                                                        

Le gamin était assis sur la clôture délabrée , regardant les champs en jachère...Depuis qu'il savait marcher , il avait toujours vu ces champs à l'abandon . La guerre coûtait la vie aux travailleurs , ruinait les miséreux et enrichissaient la noblesse et les vendeurs d'uniforme. Il se demanda pourquoi ses frères et sœurs ne traînaient jamais dans le coin , lui venait ici tout les jours , en tout cas Maman était contente qu'il sorte , comme ça elle pouvait nettoyer la maison sans prendre le risque qu'il y ait le feu . Il se leva , chercha du regard si sa fratrie était venu pour jouer à Attrape-le-Caillou-Avec-la-Tête avec lui , mais le coin était toujours désert .
Il avançait sur ses pieds nus , remettant sa chemise trop grande en place .À huit courtes années , ses vêtements étaient ceux de génération d’aînés : reprisés , lavés à la potasse et à la brosse à chiendent , ils n'avaient du tissus d'origine qu'un vague souvenir de fibres déteintes .
Il regarda le pendu qui se balançait mollement sur la potence servant de borne à la route...D'après Autre Maman c'était les méchants qu'on livrait comme ça aux corbeaux , enfin...Et ils lui avaient enlevé ses bottes ! Bon tant pis...Il reprit sa route , traversant des fermes détruites ou des charniers délestés de toute chair depuis bien longtemps...Ce n'était pas la route de la maison...C'était celle du rivage.La côte des épaves , où s'échouait les navires et les rêves . Il regarde l'horizon , combien de fois s'était-t-il demandé ce qu'il pouvait y avoir comme merveilles de l'autre coté de l'eau...Combien de voyageurs solitaires s'étaient ils aventurés là bas ? Tant de questions …
Un bruit le tira de sa réflexion , c'était un bruit de pas lourd...Un homme . Et pas n'importe lequel :
Un jeune homme d'une vingtaine d'année , les cheveux châtains , des favoris opulents , un tricorne en feutre vissé sur le crâne et un grand sac en toile sur l'épaule , il avait l'allure d'un grand marin , pas d'un avorton à peine mouché . Il tractait un coffre sur le sable mais s'arrêta en remarquant Randal
« Oh ? Heu...Salut p'tit , ça va ?
-Bonjour m'sieur , dit Randal avec la politesse que lui avait apprit Maman .
-Rassure moi , t'es pas avec les milices du peuple ?
-Nan , Maman dit que c'est que des andouilles .
-Ben alors qu'est ce que tu traînes au milieu des poissons crevés et du frais d'murloc ?
-Je regarde la mer m'sieur...Les autres me laissent tranquilles ici .
-Je vois...soupira le marin en s'asseyant près de Randal .
-Vous êtes ici pourquoi ?
-Hé bien je...je m'occupe d'affaires . Tu sais , si tu m'aides je te file ce superbe petit...Coquillage .
-D'accord faut faire quoi ?
-Et bien ...Attrape cette pelle , attends pas comme ...aie , bon met de l'eau de mer pour nettoyer le sang et tu m'aide à creuser le trou . »
Quatre longues heures plus tard , les deux acolytes avaient achevés leur besogne et s'étaient effondrés sur les oyats , regardant le ciel teinté de l'orange d'un blason d'Altérac .
« Et donc tu vis ici ?
-Oui , avec Maman et maman ...Répondit le minot .
-On dirait ma sœur avec ses gosses...Tu sais , moi aussi je suis du coin , mais j'ai finis par me casser , j'avais envie de voir le monde …
-Moi aussi !
-Ah ? Tu verras , loin de cette région de malheur le monde est bien plus grand et plus beau...C'est quoi ton nom d'ailleurs ?
-Randal .
-Jesran Morgant , mais un jour tu me connaîtras comme le prince des mers mon p'tit .
Il ricana puis prit un harmonica accroché à un cordon autour de son cou , il se mit alors à jouer un air mélancolique , sous les yeux émerveillés du gamin .
-C'est enfant de Baie du butin , tu connais pas ? Bon c'est pas grave , écoute...Quand tu seras plus grand , retourne sur cette plage , et le Capitaine repassera devant , tu embarqueras comme moi en mon temps , ça te dis ?
-Oui m'sieur Jesran .
-Tiens , pour te souvenir de moi...fit le pirate en fouillant dans son sac et en n'en sortant une guitare en bois gravé , dont il décoinça un doigt violet d'entre deux cordes , regarde : Tu auras tout le temps pour apprendre à jouer . Sur ce , au revoir Randal .
-Au revoir m'sieur . »
Randal serra contre lui sa guitare tandis que s'éloignant vers le lointain , un pirate au cœur tendre sifflait la mélopée d'un aventurier particulier .
Chapitre 1

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Randal le cuistot

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