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Récit de l'assaut du Rivage Brisé. [Avec un Caméo d'un ancien Veilleur ! ;]

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Récit de l'assaut du Rivage Brisé. [Avec un Caméo d'un ancien Veilleur ! ;]

Message par Evgueny Tharlson le Lun 2 Oct - 15:54

Le calme avant la tempête !

Le tocsin...

Le tocsin résonnait partout dans la ville... Un vent de panique souffla l'espace d'un temps, long, court, incertain... Le soleil cuisait les pavés, la chaleur cloisonnait les quartiers. Il n'y avait que bien peu de monde dans les rues de cette cité. Quelques passants, quelques marchands, quelques errants... L'atmosphère suffocante de cette fin de mois d'août se transforma rapidement en un nuage d'angoisse et de craintes. Le calme plat disparut peu à peu. Les rues désertes furent soudain animées d'une rare frénésie. Des foules éparses d'hommes et de femmes courraient vers les casernes de la ville. Les pavés qui avaient été baignés ces derniers jours par un soleil de plomb furent battus par des milliers de pas pressées. Les foules devinrent des masses compactes. Le bruit des respirations rapide et des bottes frappant la pierre emplissait Hurlevent d'une cacophonie étrange presque irréelle... Des centaines de sentinelles se mirent aux remparts. Des milliers d'uniformes fleurirent en quelques heures dans les rues, sur les places et dans les cours. Bien que l'astre solaire continuait sa course vers l'acmé de son règne triomphant, nul homme, nulle femme, ne céda à la chaleur. Bardés de la lourde armure de plaques de Hurlevent, armés de lames affutées et de boucliers renforcés, marqués par des dizaines d'années de guerre et de conquêtes, des centaines de morts et de pertes, des milliers de doutes et de peurs... Toutes les unités avaient répondu à l'appel. Il ne manquait ainsi personne dans les registres que quelques retardataires le visage marqué de larmes d'adieux toujours trop rapides. Il y avait une tension. Une grande tristesse mêlée à une excitation étrange... Des murmures, des chuchotements, des histoires, des rumeurs, des ragots... Malgré l'uniformité des rangs parfaits d'armures et de boucliers réunis un peu partout dans la ville les paroles et les esprits allaient bon train : il se disait un peu de tout. Les officiers à cheval avaient bien du mal à garder le calme dans leurs troupes, et déjà l'on entendit des ordres fuser, des discours d'encouragement et d'autres sermons. Quelques prêtres bénirent ceux qui le voulaient. Les femmes attendaient au loin, silencieuses, le visage marqué du futur chagrin des veuves, quelques roses blanches à la main... Le vent se mit à jouer de concert sifflant et chantant à travers les ruelles et les places, faisant claquer les bannières au lion. Il régnait une torpeur désormais, comme si tout et tout le monde était dans l'attente d'un signe, d'un ordre...
Vers midi, un gyrocoptère survola la citée, déjà couverte de nombreuses et rapides patrouilles aériennes... L'appareil se stabilisa au dessus d'une grande coure d'une caserne, celle qui dominait le port. Il s'agissait de la seule place vide de la cité. Elle fut balayée par le vent puissant déclenché par la bête de bois et de fer qui la dominait. Une corde toucha le sol et un homme y descendit, sous le regard médusé et intrigué de deux officiers de Hurlevent qui semblaient l'attendre. Le nouvel arrivant n'était ni grand ni imposant, massif certes, d'une taille normale en somme, portant un uniforme d'officier gilnéen. Touchant le sol de ses pieds il se dirigea dans la seconde vers les deux officiers qui se courbaient un peu sous le souffle des pales du monstre de fer. Celui-ci s'éloigna et reprit de l'altitude se dirigeant vers le port... Les deux officiers de Hurlevent saluèrent le nouvel arrivant et lui firent signe de suivre. Le pas fut rapide, sans qu'un seul mot ne soit échangé... Ils quittèrent la coure, pénétrèrent dans l'immense bâtiment et dévalèrent une série d'escaliers et prirent pléthore de couloirs. Partout dans l'édifice régnait un tumulte grisant : celui des préparatifs de guerre... Couloirs, chambres et salles : tout était remplis de soldats affairés, inquiets, et bavards...  Et au loin dans la cité blanche, par dessus le fracas des armures, des bottes, des pleurs et des ordres criés résonnait un son glaçant, un son persistant, un son de malheur...

Le titan...

Le trio arriva tant bien que mal à l'intérieur d'un grand, immense, gigantesque hangar, si grand qu'il pouvant contenir la cathédrale de la Lumière sans ses flèches. Tout de fer et d'acier il abritait derrière de lourdes portes coulissantes en bois, une des merveilles de l'industrie de l'Alliance. Une canonnière flambant-neuve qui reposait sur de solides appuis hydrauliques eux même placés sur des rails. Le bâtiment volant était titanesque. Quatre moteurs à hélice de plusieurs mètres de diamètres chacun, fixés au quatre coins d'une coque de bois bardée de fer et surmontée de plusieurs canons monoplaces de vingt et cinquante millimètres à visée assistée. L'engin inspirait déjà crainte et puissance mais c'était sans compter le canon principal en dotation. Une bouche d'un calibre de quatre-vingt seize millimètres capable de tirer un obus dévastateur toutes les deux minutes  à pleine puissance. La canonnière avait été peinte aux couleurs de l'Alliance : d'or et de bleu roi qui tranchaient avec la teinte naturelle des parties en bois. Le gilnéen resta interdit un instant devant cette démonstration de toute puissance. Il avait vu la canonnière du Norfendre, une fois et demie plus petite, moins rapide, moins dangereuse... A l'époque il avait été subjugué par tant de dangerosité et de force de frappe... Cette fois il était réellement intimidé et observait ce titan des airs d'un oeil mi passionné mi inquiet...
Tout autour de la canonnière : des centaines d'échafaudages, solides, de métal permettaient aux hommes et au matériel d'être hissé dans le monstre qui semblait engloutir homme et caisses comme un géant insatiable. Des grues naines hissaient les derniers canons acheminés des hauts fourneaux de Forgefer. Une armée entière de mécaniciens, de gnomes ingénieurs, de nains manutentionnaires, d'homme en chemises s'affairait autour, sur et dans le bâtiment afin de tout préparer. L'officier maudit vit une cabine perchée en hauteur du hangar, accessible par un jeu d'échelles et d'escaliers. L'ensemble était démesuré et grouillant tel une fourmilière en pleine activité... Des paroles inaudibles, des ordres hurlés des bruits répétitifs : tout cela emplissait le hangar et rendait toute discussion presque impossible. Observant, médusé, il vit pour la première fois ce spectacle impensable, où des centaines d'unités diverses s'affairaient entre cordages, soudures préparatifs et vérifications. Il y eut à son arrivée un regain de tension palpable dans l'air et tout le monde s'afféra plus vite qu'initialement à sa tâche... L'officier fit quelques pas hésitants en direction du monstre volant et s'aperçut rapidement que le dessous de l'appareil était composé d'une large fente de plusieurs mètres de longs et d'au mois six mètres de largeur. Il fut encore plus étonné de voir que sous l'appareil le sol du hangar se soulevait en plusieurs espaces sous l'effet d'immenses pompes hydrauliques... Entre le sol et la surface du mastodonte il y avait bien trois mètres. C'est ainsi qu'il vit des longs cortèges de chariots chargés de bombes parvenir jusqu'à ces plate-formes mobiles, s'élever dans les airs, disparaitre dans la coque qui semblait encore plus engloutir tout ce qu'elle pouvait. Les ascenseurs revenaient généralement vides ou avec seulement des chariots et des wagons vides... Eugène, regardait stupéfait et anxieux ce manège qui se répétait sans cesse... Il continua sa progression surpris à chaque instant de l'ingéniosité, de l'intelligence et de la masse de la machine. Il passa de l'autre côté de la coque et s'arrêta net. Devant lui se trouvait un par terre complet de gyrocoptères. Il y en avait au moins vingt ou trente minimum. Des machines flambant-neuves : les rotors avaient été repensés : plus solides plus rapides et plus silencieux. Les pales, plus longues pouvaient désormais se plier, Le siège du pilote était mieux disposé, et il y avait même une place pour un passager désormais. Le moteur lui aussi avait été remis à neuf et modifié : plus gros, plus puissant, capable de soulever de lourdes charges comme deux chevaliers ou quelques caisses de matériel... Il passa une main sur l'une des machines quand tout à coup elle s'éleva dans les airs, soulevée par une grue montée sur le pont de la canonnière...
Il suivit hagard et perdu son guide. Un nain bougon tâché d'huile et empestant l'essence... Ce dernier avait gravit les escaliers, les échelles, les échafaudages et avait passé les passerelles avec une rapidité ahurissante... Il posa enfin le pied sur le pont du monstre. Un bois vernis, impeccablement plat, parfaitement structuré pour résister aux torsions, tensions, chocs, et autres péripéties... Sur les lourdes et larges planches massives étaient tracées des cercles blancs, signifiant la place des gyrocoptères qui étaient à présent tous hissés. Le pont était marqué d'une activité effarante et grouillante, où tout était fait vite, et bien... Il suivit son guide tant bien que mal dans les couloirs et les coursives du bâtiment volant, bousculé, perturbé, dérangé, suivit, devancé, par une foule d'individus en plein préparatifs : des caisses de nourriture aux balles, des armures aux livres du commandant, tout un univers entier s'afférait. Personne ne courait mais tous marchaient si vite qu'Eugène en perdit son souffle... Le nain lui fit descendre deux niveaux par des échelles de service et lui fit passer trois coursives avant de lui désigner une toute petite cabine de moins de dix mètres carrés : sa cabine. Sobre et austère, entièrement faite en bois, avec une couche rudimentaire et une simple table en guise de bureau. Eugène trouva l'endroit étrangement agréable et reposant en comparaison du bouillonnement qui avait court à moins de deux mètres de lui. Il posa son casque et son barda. Fouillant ses affaires il posa sa cape désormais inutile. Il enfila un brelage complet et s'équipa de son fusil qu'il vérifia... Il voulait être prêt, prêt à tout, il avait peur, peur de cette machine, peur de son destin, peur de mourir. Il se sentait en sécurité ainsi prêt, il savait qu'il ne serait pas pris de court. Il regarda sa montre d'une main tremblante : midi passé d'une heure et dix minutes... Une angoisse commença à monter en lui. Le nain lui avait bien dit de rester dans ses quartiers pour ne pas déranger les unités en charge des préparatifs... Il tournait sur lui même dans sa cabine entendant les ordres qui fusaient dans le couloir. Et soudain on frappa à sa porte. Surpris il n'eut rien le temps de dire que la porte était déjà ouverte. Un autre officier gilnéen lui faisait face. D'une taille et d'une stature similaire. Eugène salua le commandant qui venait d'entrer fusil en bandoulière et casque en main.

- Salut Eugène, bienvenue sur la canonnière des fous. Aller viens Wally nous attend.
- Oui mon commandant, à vos ordres.


Ils se mirent en route dans ces coursives, apparemment plus calmes. L'étaient-elles réellement ? Il lui semblait toujours que l'activité était moindre, que le bruit incessant du martèlement du bois se faisait plus ténu... Il suivit le commandant sans dire un mot, passant les sas de sécurité et les portes étanches. Ils montèrent une échelle et un escalier et se retrouvèrent après une minute de marche dans une grande salle, chose surprenante pour le jeune lieutenant qui n'aurait jamais imaginé trouver cela dans ce genre d'endroit. La salle était effectivement grande. De quoi placer trente personnes assises  et au moins dix debout. Elle était conçue comme une salle de cours de l'académie militaire,  avec un jeu de cartes, un tableau, des feuilles, des mines... En entrant il vit que les trois quart des sièges étaient occupés par d'autres gilnéens en armure, il sourit et vit avec une joie franche qu'il était en présence de ses hommes, de ses frères d'armes. Le commandant Springfield posa ses fesses sur une des chaises du premier rang et Eugène salua le capitaine qui se tenait dans une tenue identique à la sienne devant le tableau. Son supérieur lui rendit le salut. Il serra quelques mains, et dit une blagues ou deux en s'installant à côté de ses amis. Le capitaine Blackhart débuta le briefing opérationnel. Les hommes restèrent silencieux, pas un mot ne se fit durant toute l'intervention, les mines devinrent graves et les regards sérieux. La destination avait tout d'un enfer éternel et ils savaient en eux que le retour serait un luxe offert aux plus chanceux.. Le capitaine qui avait jusqu'alors toujours terminé ses présentations sur une note légère n'ajouta pas un mot... Eugène fixait le tableau et les objectifs de mission d'un air mi apeuré mi inquiet... Les heures passèrent, se tenant sur le rebord du pont d'envol, il fixait le sol lointain encore en proie à une agitation particulière... Les mots du capitaine Blackhart résonnaient dans sa tête...

Messieurs, il s'agit de la plus dangereuse de toutes nos opérations. Notre roi lui même nous a confié cette tâche, car il sait que nous ferrons tout pour la mener à bien. Il s'agit d'une opération de projection rapide. Nous n'aurons aucun soutien d'artillerie et ne comptez pas non plus sur les gyros, ils seront dans une merde plus noire que la nôtre... En cas de bordel : aucun renfort possible...
Notre objectif est simple : établir une tête de pont à l'arrière des lignes ennemies et sécuriser une plate-forme multimodale. La cinquième, troisième et première escouade seront chargées de cette mission. La seconde et quatrième escouade devront neutraliser deux portails situés : ici et ici. Ils sont sur deux collines, bien protégés. Transmettez l'info à vos unités : ça va être une boucherie...
Le gros des troupes nous suivra de près et débarquera sur la plage, à deux lieues et demies de notre position. Nous serons totalement isolés avant qu'ils ne nous rejoignent. Mais nous ne serons pas totalement seuls : la Horde envoie un bataillon entier composé de tous leurs meilleurs guerriers et combattants. La croisade d'argent va également déployer des unités sur le terrain. Nous pourrons bénéficier de quelques soutiens du Kirin Tor, mais ne comptez pas dessus, ça vous évitera de crever. D'ici à ce que les troupes nous rejoignent : nous devrons tenir seuls...
Faites le plein de munitions, de grenades, d'explosifs et de pièges... Laissez la nourriture nous n'en aurons pas besoin. Je vous demande à tous, d'écrire votre testament et vos adieux pour quinze heure et de le déposer dans la bannette prévue à cet effet ici. Les lettres seront évacuées avant le départ. Une fois en vol nous n'aurons plus aucune communication avec Hurlevent.  
Je... Je préfère être franc. Nous serons les unités les plus exposées, et les plus isolées. Nous allons nous faire déborder et nous ne reviendrons pas tous de cet enfer. Si la situation est réellement critique, vous avez ordre de vous tirer une balle, vous ne devez pas tomber vivant entre les mains de notre ennemi.

Il revint à lui, attiré par un mouvement de foule en bas : des dizaines d'unités couraient en deux sens : un premier vers la canonnière pour embarquer, le second en direction des parois du hangar... Il observa un instant la cabine suspendue au mur du fond et la vit vide, plongée dans le noir... Soudain un grondement sourd résonna dans la structure métallique... Les échafaudages qui formaient jusque là un véritable carcan s'éloignaient ou descendaient lentement. Une sirène retentit pendant de très longues secondes emplissant le hangar de son hurlement lancinant... La lumière des éclairages au gaz se coupa nette. Le noir domina l'espace d'un bref instant alors que la sirène retentissait toujours... Eugène resta interdit et manqua d'être pris de panique... Puis des dizaine de gnomophares rouges fixés sur le plafond du hangar se mirent à illuminer d'une lumière dansante et inquiétante la super-structure. La sirène se mêla aux halos rouges virevoltants. Le spectacle était tout aussi grisant qu'angoissant... La canonnière trembla une seconde et initia un lent mouvement vers les lourdes portes. Eugène scruta dans cette obscurité baignée d'une lumière rouge harcelante : il ne vit rien. Mais tout à coup une raie de lumière fendit les ténèbres droit devant lui. Le rayon se fit faisceau puis jour, puis pleine lumière alors que les grandes et lourdes portes coulissaient dans ce grondement sourd et indescriptible... La canonnière avançait doucement mais surement vers l'extérieur... L'officier se retourna et avisa le poste de commandement qui surplombait le pont d'envol. Il pouvait nettement distinguer Genn Grisetête à l'intérieur, en compagnie d'une femme en tenue d'amiral....
Elle était assise sur le fauteuil de commandement. A ses côtés se tenait le roi de Gilnéas, massif, au visage carré comme sa mâchoire qui en décrochait pour l'instant aucun mot. Elle avisa l'extérieur et le pont d'envol sur lequel s'affairaient quelques mécaniciens. Elle aperçut l'officier immobile, visiblement désemparé devant une telle prouesse technologique, alors elle afficha un petit sourire... Enfin se relevant elle fixa sa montre de gousset et quand la trotteuse se plaça sur le douze, indiquant qu'il était quinze heure, elle donna ses ordres d'une voix ferme et détachée.

- Mettez les moteurs un et deux sous tension
- A vos ordres amiral : mise sous tension des moteurs : un et deux.


Dehors les deux moteurs commandant les gigantesques hélices avant de bâbord et tribord se mirent en marche fendait l'air d'un grondement sourd et continu...

- Mettez les moteurs trois et quatre sous tension.
- A vos ordres amiral : mise sous tension des moteurs : trois et quatre.


Les moteurs arrière firent de même et le bruit augmenta en intensité... Elle fixa les hommes à la commande et croisa les bras, calme...

- Au rapport.
- Moteurs bâbord : rien à signaler.
- Moteurs tribord : rien à signaler.
- Amiral, les quatre moteurs fonctionnent parfaitement, nous sommes parés au décollage.
- Parfait, larguez les amarres.
- Larguez les amarres !


Les câbles d'acier et de chanvre qui retenaient et stabilisaient la méga-structure se détachèrent presque instantanément dans de grands claquements et vinrent s'écrouler de tout leurs poids au sol...

- Amarres larguées amiral.
- Très bien McLoan, procédez au décollage...
- A vos ordres amiral : décollage !


L'ordre résonna sèchement. Le commandant McLoan avait donné la sanction, aussi tôt l'ordre fut transmis aux machines et les moteurs augmentèrent leurs régimes transformant le grondement sourd en bourdonnement grave. La structure fut secouée vivement pendant quelques secondes, ce qui fit perdre pied à Eugène qui se retint de tomber de peu... Il sentit que la canonnière quittait la stabilité confortable de la terre pour pénétrer dans le royaume des vents et des airs... Il n'osa pas regarder en bas, mais il vit au loin les flèches de la cathédrale devenir de plus en plus petites...

- Amiral, les moteurs sont à leur vitesse de croisière, aucune avarie détectée.
- Merci commandant, alors en avant toute, et puisse la Lumière nous protéger.
- A vos ordres amiral. En avant toute !


La canonnière se mit en mouvement et avança fendant les airs et les nuages de son allure faussement paisible. Le pont d'envol était maintenant balayé par un vent assez fort et il faisait de plus en plus froid malgré le soleil luisant de l'après-midi. Hurlevent devient de plus en plus petite et finit par disparaitre au loin derrière, engloutie par les nuages et l'horizon... Eugène regarda en bas, et fut surpris ! La mer était couverte d'une immense flotte de navires de guerre et de transport qui faisait route dans une direction similaire. A voile et à vapeur la masse impressionnante des bateaux s'étendait des quais du port jusqu'à eux, bien après le grand phare. Les ponts étaient grouillants et blindés de troupes : fantassins, tireurs, mages... Les navires communiquaient entre eux par drapeaux et signaux et un épais voile gris émis par les navires de guerre se mit à masquer l'impétueuse flotte.  La canonnière, bien plus rapide que les navires avançait à pleine vitesse vers les îles brisées... Vers la guerre...
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Evgueny Tharlson

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"WAR !"

Message par Evgueny Tharlson le Lun 2 Oct - 16:02

Le coeur...

Eugène étouffait. Sa cabine n'était en rien conçue pour le confort. L'atmosphère déjà lourde du hangar s'était chargée d'une chaleur supplémentaire, générée par les moteurs et l'activité à bord de la canonnière... Allongé sur sa couche il avait vidé son esprit de toute chose. Il était bercé par le vrombissement bourdonnant et incessant des puissants moteurs qui menaient sans ciller, la canonnière et tout son équipage vers la guerre. Il repensa alors à Gilnéas, ses vertes contrées, ses villages et ses hameaux, sa lande balayée par les vents où paissent contre vent et marées, ces fameux petits moutons à la laine noire. Il revit, les yeux fermés les auberges et les jardins garnis. Il sentit presque l'odeur du feu de bois crépitant dans l'âtre... Toute une vie passée. Rayée par la guerre et la mort, toute une nation brisée... Lui qui voulait être barbier dans son village natal à deux jours de cheval au sud de la capitale. Il repensait à sa mère et à ses frères, qui étaient tous tombés sous les balles et la peste des Réprouvés. L'espace d'un instant il se sentit perdu, comme si son âme avait quitté son corps pour aller revivre par bribes éparses ces petits moments de bonheur simple, si lointains mais si précieux... Il n'eut pas le temps de devenir morose... On frappa à sa porte, le capitaine Blackhart entra et l'observa sans mot dire.

- Te souviens-tu de mama Thornton Wally ?
- Et comment ! Qu'est-ce qu'il y a ? Tu te languis de nos soirées au Ravensbar ?
- Non j'y repensais simplement...
- N'y pense pas trop mon ami, je te rappelle que j'y avais une ardoise de deux mois de solde... Aller, remues-toi, le vieux nous attend. On arrive...


Eugène se releva d'un bond, observant son capitaine un instant avec un regard d'inquiétude et d'excitation mêlée. Le duo progressa dans les coursives pour rejoindre le pont d'envol où se trouvait les hommes de la première compagnie d'éclaireurs de Gilnéas. Il ne s'agissait pas d'une compagnie classique d'unités conventionnelles. Loin de là. Toutes les unités étaient des unités partisanes : politiquement formées, tactiquement éprouvées, fidèles à la défense du Sol qu'ils tenaient pour sacré. Leurs formations était totalement différente de celle des fantassins et chevaliers de l'Alliance. Il ne s'agissait plus seulement de mettre en forme la pratique de la guérilla. Il s'agissait d'un tout nouveau paradigme. Né dans la guerre civile, forgé par les attaques terroristes et les frappes ciblées, éprouvée par la résistance face à l'envahisseur, la première compagnie d'éclaireurs de Gilnéas était un corps d'élite. Chaque unité était formée à toutes les spécialités : soutient, frappe, secours... L'apparente polyvalence des troupes en tant que tronc commun était doublée d'une spécialisation rationnelle du corps combattant. Tireurs longue distance, saboteurs-techniciens, médecins... Sub-divisée en escouades, elles mêmes réparties en sections chaque escouade était interchangeable car le noyau premier était basé sur les groupes d'intervention tactiques. Quarante groupes de cinq unités pour un total de deux cent hommes. Avec un ratio minimal d'une unité perdue pour douze tuées, la compagnie, fondée lors de la Rébellion de la Porte, et officiellement introduite au sein de l'Alliance un an auparavant, faisait la fierté des gilnéens et de leur armée recomposée. Chaque groupe était à même d'accomplir toutes les missions possibles dévolues à un bataillon entier : destruction, observation, infiltration, sabotage, espionnage, sécurisation. Face aux trop nombreuses pertes subies lors de la défaite de la bataille de Gilnéas il avait été clair aux yeux de certains que si l'armée subsistante se voulait efficace il faudrait désormais miser sur la polyvalence. La compagnie n'était pas efficace, elle était efficiente. Tout aussi compétente et adaptée à l'utilisation dans tous types de terrains que dans toute configuration stratégique, elle incarnait un outil moderne, hautement compétent et parfaitement fiable...

Ils arrivèrent le sur pont. Tous les gyros étaient à leurs places respectives, parés au décollage. Des mécaniciens terminaient en vitesse, d'installer les derniers équipements : canons et autres tuyères à fusées. Les machines étaient réparties en nombre égal de part et d'autre du pont, laissant le centre occupé par la troupe armée et parée. Les hommes étaient silencieux, bavards, assis, debout, calme ou excités. On vérifiait les brelages, on se donnait des astuces, on faisait des blagues ou l'on chantait quelques airs de musique du pays... Les hommes prenaient l'attente du mieux qu'ils pouvaient. Le grand ciel bleu d'azur avait cédé sa place à une chape grise. Impénétrable, inquiétante et uniforme. Plus qu'un simple voile, ce nuage grand comme le royaume avait des airs de linceul. La brise légère tomba soudainement. L'air se fit frais et chargé d'angoisse. Un silence se fit dans les rangs tandis que le capitaine Blackhart et son ami le lieutenant Blackwood passaient en silence, martelant le bois dans un rythme cadencé... Le commandant Springfield était loin, devant, sur la tête de l'aigle d'acier formant la proue du bâtiment. A ses côtés se tenait un matelot du bord qui lui indiquait ce qu'il pouvait voir à travers la jumelle d'observation. Le commandant ne lâchait pas un mot... Courbé et scrutant par l'orifice de la jumelle de métal l'avenir proche. Waldrow et Eugène gravirent les petits escaliers menant à cette plate-forme d'observation entourée d'un garde-fou. Le capitaine croisa les bras tandis qu'Eugène s'adossa la rambarde. Derrière eux, les hommes, le bois et le fer, devant, les démons, la mort et l'angoisse. Le commandant fit volte face et fixa les nouveaux arrivants. Il n'esquissa pas un sourire, et ne prononça pas un mot. Waldrow, comprit alors la gravité de la situation... Il fit un pas en avant et sous le regard apeuré du jeune matelot plongea son regard acéré dans la jumelle et guetta droit devant
Au loin, une vision cauchemardesque attisait la peur dans son cœur. Une colonne infernale d'énergie gangrenée, venue de la terre, fendait le ciel et les nuages dans un halo verdâtre aveuglant. Autour de cet étrange phénomène des nuages noirs d'orage s'étaient formés et libéraient des éclairs harassants qui zébraient le ciel de mille lueurs angoissantes. Il entendit les homme murmurer et s'inquiéter à la vue de cette menace inédite et incertaine. Le large faisceau de fel hypnotisait les esprits et emplissait les cœurs d'effroi. Certains se mirent à pleurer, d'autre répétèrent sans cesse que tout était perdu... Le plus jeune sergent de la troisième section prit son revolver et le plaqua contre sa tempe, libérant son visage crispé, rougis et bouffi, ruisselant de larmes en se donnant la mort. Les armes étaient tenues fermement, les inquiétudes se firent franches, mais la détermination se fit encore plus grande. Certaines voix demandaient un déploiement immédiat... Le courage des hommes n'a de limite que dans la plus tenace des peurs. Et cette menace dominait tout ce qui avait été possible d'imaginer... Le commandant et le lieutenant s'étaient joints aux hommes, se préparant et s'afférant en vue du débarquement... La compagnie oscillait entre peur et rage, mais jamais les cœurs ne furent pris par la panique ou le désarroi.
Waldrow scrutait encore dans la jumelle, il observa le rivage... Il ne vit que du sable noir, une plage, longue et à découvert, déchirée par des récifs et des écueils. Il vit plus en hauteur, au niveau des dunes, des fortifications imposantes et inquiétantes : des herses de gangrefer, des barricades de métal mais plus que tout cela... Il vit toute une armée, gigantesque et infinie qui faisait face au rivage, armes à la main. Des milliers de démons variés attendaient de pied ferme le débarquement conjoint de la Horde et de l'Alliance. Sur quelques hauteurs encore un peu plus loin, il parvint à distinguer des portails et des pierre démoniaques formant un véritable périmètre défensif sur toute la zone. L'opération éclaire allait se transformer en  véritable boucherie... Il rejoignit les autres officiers et il se prépara dans l'élan général... La compagnie était prête à s'envoler, décidée à en découdre coute que coûte, malgré la peur, malgré les inquiétudes, les doutes et la résignation.

Les murmures furent brisés. Les chuchotements stoppés net, les rires nerveux et les remarques fortes se turent en un instant. Des pas plus lourds, plus calmes et plus imposants frappèrent le sol... Les deux cent unités se tournèrent dans un manque flagrant de synchronisation et fixèrent le balcon de la poupe. Il était là, fixant de son regard calme et austère tout ces hommes qui portaient ses couleurs. Son visage marqué, sa mâchoire carrée et ses yeux perçants trahissant une âme déchirée imposèrent le respect et le silence le plus total. Il releva la tête un instant quittant la vue rassurante de ses hommes pour celle, inquiétante, de la colonne de Fel qui fendait le ciel. Il resta un long instant à contempler cette merveille démoniaque. Il serra ses doigts sur le bois de la rembarre et replongea son regard dans la petite foule. Il avait déjà vu cela de nombreuses fois : ce regard hagard et attentif. Ce regard silencieux et plein de questions, ce regard passionné.

"Nous avons connu la peur. Nous avons connu la défaite, l'exode... Nous avons connu la mort. Nous avons tout perdu. Nos familles, nos foyers, nos terres et jusqu'à nos âmes. Nous avons fait des erreurs : nombreuses. Nous nous sommes trompés : maintes fois... Nous avons vu notre monde sombrer ! Nous avons vu ce monde vaciller ! Mais nous sommes encore là. Nous sommes encore debout ! Aujourd'hui, tous les peuples de l'Alliance ont le regard tourné vers vous ! Toutes les races alliées et celles de la Horde attendent que nous posions le pied sur ce rocher infâme... Eux aussi nous attendent de pied ferme... Alors nous allons leur montrer ce que nous sommes ! Aujourd'hui nous allons prouver au monde entier de quel sacrifice nous sommes capables !
Nous avons tout quitté ! Nos parents, nos amis. Notre nouveau foyer... Nous avons quitté nos enfants si précieux, nous avons quitté notre paix si précaire... Alors montrez leurs ! Montrez au monde entier votre valeur ! Montrez à ces démons qu'aujourd'hui, c'est la vie plus que le courage qui nous abandonnera !
Pour Gilnéas !"


Les hommes acclamèrent et hurlèrent d'entrain à ces paroles ! Les acclamations furent nombreuses et puissantes. Les voix dominèrent le bruit des machines. Les clameurs figèrent l'équipage. L'amiral de son poste de commande fixa surprise les gilnéens remontés. Peu à peu, ceux qui jusque là se tenaient debout en tant qu'hommes, laissèrent la place à leurs bêtes intérieures... En quelques instants le pont fut recouvert d'une horde de worgen déchaînés. Non loin à tribord la canonnière du roi Varian Wrynn se mit en position avec à son bord maintes unités. Le rivage brisé n'était plus très loin désormais... Le destin d'Azeroth allait être scellé sous peu...

- Amiral, objectif en vue.
- Maintenez le cap. En avant lente, entamez la descente.
- Reçu amiral : cap au trois cent soixante. Entamons la descente.


Les canonnières descendirent légèrement vers la petite île noyée par la Légion Ardente... Le bruit des moteurs se fit plus persistant et plus fort... Les dernières sangles furent fixées et les derniers couteaux rangés. Les fusils furent chargés et chacun s'empressa de vérifier son équipement avant le grand saut vers l'inconnu. Une petite armée de mécaniciens armés de drapeaux blancs et rouges se mit en place plus en avant vers les gyrocoptères. Ils retirèrent chaque lanière rouge de sécurité et larguèrent les amarres des machines... Puis chaque homme portant cette chemise jaune du corps technique se plaça devant un gyrocoptère. Il avaient sur eux, un simple revolver, un casque et une paire de lunettes de protection... Ils fixaient, la posture solide, les gyrocoptères, drapeaux rouges en l'air. Les hommes de l'unité de gilnéas étaient tous répartis sur trois lignes de part et d'autre de la ligne centrale du pont, genou à terre, attendant les ordres, fin prêts pour le combat. Une cohorte de gnomes arriva ensuite au pas de course et s'installa dans les appareils. Le moteurs furent allumés, les rotors mis sous tension et les bientôt une à une les pales se mirent à tournoyer... Les petits pilotes fixèrent leurs lunettes, vérifièrent leurs commandes et les différents niveaux... Le bruit était assourdissant, cacophonique et chaotique. Les moteurs de la canonnière résonnaient dans le vent troublé par le souffle des machines volantes... Le pont était balayé par des vents puissants et constants, rendant toute posture debout difficile et inconfortable... Les petits drapeaux rouge claquaient anarchiquement dans le vent tourmenté. Le commandant Springfield regarda sa montre de gousset fichée dans un écrin de cuir au poignet et avisa ses officiers. Il opina du chef  et montra trois doigts. Alors le capitaine Blackhart se releva et souffla dans un puissant sifflet qui trancha le vent et le bruit ambiant. Aussi tôt la première ligne de worgens fonça tête baissée vers les gyrocoptères. En quelques brèves secondes les passagers s'installèrent et fixèrent leurs harnais. Les pilotes levèrent le pouce en direction des hommes en chemise jaune. Et dans un mouvement synchronisé les mécaniciens posèrent au même moment un genou au sol, hissant haut le petit fanion blanc. Les gyros s'envolèrent dans une nuée tonitruante et impeccablement organisée... Quittant la sécurité du pont pour s'engouffrer dans les airs, vers la guerre...

Le choc...

Eugène était resté avec le commandant Springfield, tout deux observaient silencieux, à genoux sur le pont, tourmentés par les vents des pales tournoyant, la première salve d'engins décoller. A leur bord, le capitaine Blackhart, suivit de toute une escouade. La manœuvre était simple. Les gyrocoptères devaient se scinder en deux groupes. Le premier, le plus important, devait larguer des unités au sol tandis que le second, plus restreint, avait pour mission de harceler les unités ennemies et protéger les unités alliées par une couverture aérienne... Cette manœuvre devait permettre aux autres groupes d'intervention de se poser et de sécuriser une tête de pont. La mission était suicidaire mais sa réussite était capitale. Alors qu'ils s'éloignaient effectivement de la canonnière, Waldrow Blackhart, regarda en arrière, ce qu'il n'avait jamais fait qu'une fois : en quittant Gilnéas. Il vit le plus gros des unités présentes sur le pont attendre... Il vit le ciel noir morcelé d'éclairs verts s'épaissir... Il constata un nuage rapide et vif, glissant dans les airs comme une brise sur l'eau d'un soir d'été. Il prit sa jumelle de tir et scruta ce nuage trop noir, trop rapide, trop vif, et trop menaçant. Des milliers, peut-être plus, de démons ailés, rapides et agiles fonçaient en direction de la première canonnière. Et c'est dans un silence lourd, perturbé par le bruit des rotors de son appareil qu'il vit le bâtiment du roi Varian se faire submerger par l'essaim fatal. Une explosion. Un feu gigantesque, une fumée âcre aux reflets de fel... Un infernal était sur le pont... Il plissa le regard mais son observation fut stoppée nette par un mouvement brusque de la machine. Un autre essaim, plus petit s'en prenait aux gyrocoptères en formation. Waldrow observa silencieux, fusil à l'épaule la nouvelle attaque. Des dizaines de machines se mirent à tomber, en flammes, accompagnées des cris de douleurs et des hurlements terribles des blessés et des condamnés. Il y eut plusieurs explosions sur le rivage, réservoirs, fusées, corps et munitions s'écrasaient dans de hautes gerbes de feu... Il ne vit de vivant sur la plage que les corps de quelques gnomes et de worgens en flammes courir, s'agiter, pour finalement tomber inertes sur le sable noir... Son attention fut captée par un démon ailé fonçant sur eux, toutes griffes dehors ! Il dégaina et tira d'un geste sûr dans la tête de la créature. Sauvé. Mais, malgré les embardées, les cabrioles et les esquives, les pilotes gnomes et leurs machines ne pouvaient rivaliser avec la fureur et la haine brute de l'ennemi. Il ne restait en vol plus que la moitié des unités déployées, et personne n'avait pu atteindre le sol. Du moins, pas vivant. Blackhart prit son communicateur et ordonna le replis général. Peine perdue. Les carcasses fumantes et les nuées noires de l'huile enflammée des gyrocoptères emplissaient le ciel... Soudain, tout aussi rapidement qu'ils étaient venus, les démons partirent. Une fois la canonnière en vue les derniers gyros encore en vol furent soulagés de cette chasse infernale et morbide qui avait emporté les trois quart des effectifs. Les appareils étaient touchés, certains en flammes tentaient de se maintenir jusqu'au pont d'envol, sur d'autres des pilotes blessés, et de nombreux worgens morts, amputés, décapités, éventrés gisaient inertes sur la place des passagers... L'opération était un échec total.

- Capitaine ! Au rapport !

Waldrow se tourna vers le commandant Springfield, inquiet, furieux, désemparé, accompagné de son ami et lieutenant Blackwood, agrippé à son fusil comme si ce dernier allait lui assurer le salut.

- La mission est un échec total, nous avons perdu les trois quart des effectifs, je n'ai aucun bilan à fournir, nous avons été pris par surprise et totalement submergés, c'était une boucherie commandant.

La voix de Blackhart était saccadé, comme si ce dernier après toutes ses guerres et toutes les horreurs qu'il avait constaté, revenait pour la première fois du front. Mais il se rendit compte que les deux autres officiers et le restant de la troupe avaient une mine plus grave. Bien plus grave.

- Capitaine, le bâtiment principal s'est abimé sur les côtes suite à une attaque surprise. Vous avez du capter une partie des unités ennemies. Nous n'avons aucun rapport de situation et aucune nouvelle du roi Varian. Notre roi est parti sur un vaisseau de soutien rejoindre la dirigeante du Kirin Tor, c'était plus prudent. Nous sommes seuls...
- Que fait-on commandant ?

- On va aller niquer ces fils de putains d'enculés de sous-race !


Les deux officiers supérieurs observèrent un instant Eugène. Lui qui tenait si fermement son fusil n'était ni apeuré ni inquiet, ni perdu ni troublé, il était enragé. Le pelage dressé, les yeux vifs un filet de bave coulant de ses babines, il avait en lui une haine féroce et inconnue jusque là. Le commandant afficha un léger sourire, dévoilant ses crocs jaunis et opina du chef en direction de Blackhart. Quelques instants plus tard tous les worgens avaient quitté le pont d'envol et s'étaient réfugiés sur le dernier pont : le hangar à munitions. L'espace était restreint, réduit, confiné, Des centaines de charges explosives étaient entreposées et au centre du pont, imposante et inquiétante, une énorme bombe. Entièrement faite de métal, décorée de centaines de dédicaces en gnome à l'attention de la Légion Ardente la bombe n'était retenue que par deux sangles de cuirs de deux mètres de large chacune et d'une épaisseur de cinquante centimètres... Quand Waldrow vit la bombe il regarda Eugène et lui fit signe. Ce dernier laissa échapper un rire diabolique.
La canonnière fit route vers le point de saut initialement prévu. Les entrailles de la bête de fer et de bois s'ouvrirent par la fente ventrale qu'Eugène avait déjà observé bien des heures auparavant. Les secondes passèrent tandis que les worgens s'équipèrent tous d'un gnomochute, développé et testé en Féralas pendant des années, amélioré et allégé en Norfendre, éprouvé en Pandarie... Il serait l'outil de leur triomphe ou celui de leur mort. Sur le pont, des cris, des hurlements, de coups de feu et des explosions. La horde ailées des infâmes créatures de la Légion était revenue. Les hommes et les gnomes livraient une bataille sans merci pour garder la domination des cieux. Il fallait tenir le temps que le monstre parvienne au dessus du point de chute. Ce qui arriva... Sans s'arrêter la canonnière glissa progressivement à l'aplomb de l'objectif. Le commandant Springfield fit un grand signe au gnome en charge des commandes. Ce dernier sourit et actionna un levier. L'imposante bombe de fer disparut dans un bruit de fer choqué et de cuir claquant. Un sifflement monta de l'engin de mort au fur et à mesure que celui-ci engloutissait dans une vitesse grandissante les centaines de pieds de distances entre le bâtiment et le point d'impact. Le vaisseau aérien entama une révolution assez rapide, déconcertante avec sa trajectoire initiale. Il y eut une secousse effroyable, les worgens et les gnomes furent projetés en l'air et retombèrent sur leurs fesses  ou furent violemment secoués. Un bruit sourd, assourdissant, profond, cataclysmique survint aussitôt après. Les hommes et les worgens furent pris de sifflements dans les oreilles... La bombe avait explosé. Bientôt le point d'impact redevint visible à travers la fente de plusieurs mètres de long et de large. Il n'en restait rien. Plus rien qu'un profond et noir cratère fumant en plusieurs endroits et parsemé de débris de métal. La canonnière se stabilisa. Quelques volutes de fumée pénétrèrent dans le hangar. Les worgens formèrent une longue colonne face au vide béant. Le chef mécanicien alluma un gnomophare rouge, tournoyant qui baigna le hangar d'une couleur vive et alternative. Le commandant Springfield se positionna face à la fosse l'appareil. La tension était à son comble. Waldrow était le tout premier worgen. Il fixait son supérieur, tendu, attentif, résolu et prêt. Le commandant observa un instant ses hommes d'un air grave puis esquissa un léger sourire. Il fit un geste sec de sa main, Waldrow s'élança dans le vide. Il fut suivit en quelques secondes par toutes les autres unités de la compagnie. Eugène était au milieu de la colonne, Springfield sauta en dernier alors que le chef-mécanicien lui adressa un pouce dressé.
Eugène contempla le vide, sentit l'air lui fouetter le visage. Son gnomochute ouvert, il fendait les cieux et se dirigeait avec beaucoup de difficultés, tentant de viser le centre du cratère causé par la lourde explosion. La zone était encore dégagée et baignée au sol par une épaisse fumée.  Il observa son capitaine qui venait de "poser pied à terre", c'est à dire de s'écraser dans un léger couinement recouvert de son parachute. Les autres worgens, armes en main étaient plus ou moins groupés et touchaient progressivement, un à un le sol dans le rayon de l'explosion. La formation avait été lente, longue dure et audacieuse. Trois années durant, cette nouvelle technique de projection avait fait ses preuves dans les exercices. Les derniers worgens posèrent pied à terre non sans quelques jurons et se regroupèrent dans un élan commun, par une coordination soutenue et automatique tout autour du cratère préparant les lignes de défense face à la Légion qui n'allait certainement pas tarder à reprendre le pied sur  cette zone sinistrée. Walther regarda, lors des derniers mètres de sa chute ralentie le rivage au loin. Des navires assez nombreux, groupés et en formation approchaient à toute vitesse, parés à accoster. Il chuta donc non sans un juron au sol et fut entrainé en quelques roulades par la pente du large cratère. Un bras solide agrippa son brelage et sa cartouchière pour le retenir de dévaler toute la pente. Eugène aida son commandant à se relever. Ce dernier était un peu sonné et perturbé, le saut, le choc, la chute, la descente... Il observait ses hommes se démener pour repousser les premiers groupes de démons mineurs qui s'empressaient de venir reprendre le terrain. Les balles sifflaient et fusaient dans les airs, au rythme cadencé des tirs soutenus et assourdissants. Puis plusieurs explosions, légères secouèrent l'air et firent un peu trembler la terre. Les premières grenades avaient été lâchées sur les gangregardes approchant. L'afflux des démons devint de plus en plus dense et compact. Et bientôt les balles des gilnéens fauchèrent à bonne distance les hordes qui s'abattaient sur la compagnie. Les worgens ne s'étaient pas massés en une ligne compacte. Ils avaient formé plusieurs groupes de cinq à six unités. Répartie sur une ligne. Les trois quart des unités restantes de la compagnie parachutée tenaient fermement avec rage et haine cette nouvelle ligne de front, menés par le capitaine Blackhart. Le commandant avait prit la tête de quelques unités et s'était mis en quête des unités tombées au sol lors de la première phase abrogée de l'opération. Quelques blessés furent tirés des carcasses de gyrocoptères, et ramenés dans une zone précairement sécurisée où les blessés étaient soignés avec les moyens du bord. Il participait activement aux soins et aux extractions quand il crut percevoir une diminution des tirs et des explosions... Un certain calme revenait, lui semblait-il, dans cette petite cuvette bordée de pics et dominant le col menant au rivage. Il observa Eugène qui avait ordonné le cessé-le-feu par de grands signes de bras et de puissants hurlements. Les démons battaient en retraite. La fumée se dissipa. On fit le plein de munitions sur les blessés et on prit le matériel des morts tout en prenant grand soin de leur accorder un repos digne. Ces quelques minutes de paix furent salvatrices pour les fusiliers et membres de la compagnie. Le commandant Springfield et le lieutenant Dean s'accordèrent le luxe inespéré d'un tabac roulé, tout deux assis sur le cadavre suintant d'un gangregarde dont la tête avait été arrachée par une grenade...
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Re: Récit de l'assaut du Rivage Brisé. [Avec un Caméo d'un ancien Veilleur ! ;]

Message par Evgueny Tharlson le Lun 2 Oct - 16:21

L'Effroi...

Ce fut un son étrange, soudain, lancinant, court, comme le frottement d'un archet sur une tranche de métal affuté. Dans le ciel noircit et zébré des lueurs vertes-émeraudes, au dessous de l'épaisse et terrible couche nuageuse, de nombreux vaisseaux volants de la Légion apparurent à travers d'immenses portails. Ils étaient noirs, noirs d'obsidienne et de jais. Informe, ou plutôt d'aucune forme classique. Des vaisseau triangulaires, imposants, propulsé par aucune forme de mécanique que celle d'un immense feu vert s'échappant d'une tuyère à ce qui semblait être l'arrière des bâtiments. Ce fut tout une escadrille qui s'avança lentement, se distinguant des noirs nuages par l'effet d'un sombre bourdonnement continu, mais sans cela, nul bruit, les titanesques construction de pierre ou de métal glissaient dans le ciel recouvrant les rares parcelles de terres noire éclairées par la colonne de fel, d'une ombre funeste et morbide. Le silence fut instantané. Les hommes se baissèrent, se turent, observant inquiets les vaisseaux avancer dans ce presque silence... Il semblait que leur présence ne fut pas indiquée puisque l'escadrille infernale s'éloignait un temps soit peu de la troupe armée. Personne dans les rangs, n'eut l'idée de tirer contre ces monstres redoutables. Un sentiment de peur s'était peu à peu emparé des worgens qui contemplaient médusés ce spectacle encore parfaitement inédit en Azeroth. La peur, c'est ce qui motiva les unités de la compagnie à se faire discrets dans leurs tâches, mais la peur ne les paralysa point. Un groupe de quinze volontaire menés par le lieutenant Blackwood forma une colonne et gravit les pics et les roches, fusil en bandoulière, pour suivre discrètement ces vaisseaux fantômes. Ils gravirent un aplomb, contournèrent un pic isolé et au détour d'une crête rocheuse derrière laquelle ils se dissimulèrent ils contemplèrent... L'Effroi...
Des dizaines de croisé d'argent, prisonniers, torturés, déchiquetés vivants, étaient maintenus dans un poste avancé fortifié de la Légion. Certains étaient enfermé dans des cages et hurlaient à la mort de douleur ou de folie. D'autres, trainés par des gangregarde se faisaient ponctionner leurs âmes pour remplir des cristaux maudits et périssaient non sans quelques cris glaçants... A la jumelle et observant, Eugène vit que le sort des officiers était pis que celui des simples soldats. Certains se faisaient arracher les membres, les uns après les autres dans un temps relativement long, pour hurler dans leur désespoir leurs positions et leurs plans. D'autres furent bouillit vivants dans des chaudrons de fel, plongés progressivement dans la mixture infernale. Eugène aperçut une femme dénudée qui se faisait ponctionner son énergie par un gangrechien, et quand celle ci hurla trop fort troublant ses mots de puissants sanglots, les chiens infernaux lui arrachèrent la chair et les os pour se repaître... Et partout où l'officier portait son regard, partout il voyait des eredars, abjurateurs, conjurateurs, inquisiteurs, tortionnaires, gardes, il y en avait toute une armée... Deux d'entre eux tenaient un petit groupe de trois chevaliers et les emmenaient vers le portail d'entrée du camp. Il furent mis à genoux. Le premier, un homme assez jeune fut soulevé de terre et empalé vivant sur une des pics du portail. Il fut le plus chanceux puisqu'il mourut en quelques instants. Les deux autres étaient des femmes, une paladin et une prêtresse. Leur sort fut des plus horrible. La paladin fut trainée vivante jusqu'à l'entrée du camp, posée à genoux, ses yeux furent crevés, sa langue tranchée et les eredars la repoussèrent d'un coup de pied dans une faille emplie de fel. Lorsque le corps fut plongé dans la lave d'émeraude, une gerbe en jaillit faisant rire aux éclats les deux gardiens.  La prêtresse quand à elle avait gardé la tête haute et semblait menacer les gardiens, ses invocations inaudibles étaient claires tant son visage était déformé par la haine. Les deux eredars allaient lui faire subir le même sort quand une ombre étrange apparut devant eux. Une ombre flottant dans les airs, grande, au bras longs terminés par d'imposantes mains griffues. La chose portait une sorte de robe noire et verte et avait le visage caché par un grand masque gris ressemblant à un large bec de corbeau... Il fit léviter la prêtresse et la plaça au dessus d'une sorte de cercle d'incantation... Là il l'ouvrit. Du pubis à la gorge, délicatement séparant la chair des os. Eugène eut un haut le cœur en voyant que la prêtresse était encore vivante et pouvait contempler sa propre dissection. Le jeu dura de longues minutes, pendant lesquelles l'inquisiteur de la Légion retira morceau par morceau des parties du corps de la femme. Il n'en resta bientôt qu'un tronc sanglant, maintenu en vie et en l'air par une vile magie gangrenée. La tête de la prêtresse fut tranchée et celle-ci tenta vainement de hurler quand elle contempla son propre corps éclaté partir en fumée alors que son visage trahissait son état de conscience. Puis l'inquisiteur de la Légion jeta la tête au loin qui fut dévorée par une meute de gangrechiens...
L'officier rangea sa jumelle de visée. Il observa ses hommes et l'ordre tomba : retraite. Le chemin fut plus rapide et plus silencieux. Ils retrouvèrent les survivants de la compagnie qui avaient sécurisé le col d'accès entre la plage et les méandre du chaos rocheux. Le jeune lieutenant fit son rapport à ses supérieurs qui avaient déroulé une carte à même le sol.

- Mon commandant, mon capitaine, rapport de mission.
- Ah ! Eugène alors ?
- Les vaisseaux ennemis se sont arrêtés au dessus d'un immense camp fortifié, Je crois qu'il y a le plus gros des troupes de l'ennemi dedans. Nous avons pu observer que leurs défenses sont complexes et difficilement franchissables : ils ont des gangrecanons, des engins de siège et de destruction, et des milliers d'unités. Heureusement pour nous il semblerait que leur camp ne soit pas encore tout à fait fortifié, ça nous laisse des chances.


Blackhart fixa Springfield, d'un mouvement de tête le capitaine se tourna vers son officier subalterne et lui passa de brèves consignes.

- Notre situation est catastrophique Eugène, On a perdu plus de la moitié de la compagnie. On tient le col mais pas pour longtemps. Selon la patrouille de Dean, Jaina Proudmore et Grisetête ont accosté sur le rivage brisé pour tenter de faire la jonction avec les première troupes déployées. On a aucune nouvelle de Wrynn ni des lumineux. La horde a abordé l'autre côte de l'île mais sans jonction impossible d'établir des communications, et personnellement j'ai pas envie de voir des gars crever pour aller boire le thé avec l'autre pute pas fraîche.
- Je comprends capitaine. Et c'est pire que prévu, on a retrouvé les unités de la croisade d'argent... Seulement ils sont tous hors de combat : prisonniers, torturés, mutilés, il reste personne !
- Commandant ? Il nous reste combien d'hommes ?
- Autant que nous avons chacun de doigts Wally ! Plus une dizaine de clampins mobiles. C'est la merde ! On est dedans jusqu'au cou !
- Oui commandant mais c'est pas une raison pour la remuer !
- Va te faire enculer profond Eugène !


Le commandant avait lâché son commentaire dans un puissant rire qui devint contagieux. Blackhart et Blackwood furent emporté par cet éclat soudain et totalement inattendu... Leurs rires attira un fantassin, chose inattendue et parfaitement improbable dans cette situation. Un fantassin de Gilnéas, habillé de son armure de garde royal qui avançait en courant, audible à des dizaines de mètres à cause de son armure de mailles sombres, au reflet d'or et de de bleu, au bruit si caractéristique... Quand les worgens virent un des leur approcher ils furent d'abord surpris, puis souriants, puis relativement heureux. Le fantassin fut reçu par des accolades, des flasques de whisky, de l'eau et des soins. Il se présenta devant le quatuor des officiers et annonça l'avancée rapide des troupes de renfort au sol, menées par Jaina et Genn. Le troupier demanda la position des autres unités. Il fut méchamment surpris de la réponse. Il n'eut cependant pas le temps de rebrousser chemin car les colonnes de renforts arrivaient presque au même instant. La halte fut brève. Genn salua le commandant de loin et reprit la route avec ses propres troupes et les fantassin de Hurlevent déployés. Eugène contempla le passage des troupes et avisa avec une certaine réserve qu'il y avait presque autant de mercenaires et de groupes armés privés que d'unités régulières. Des chevaliers de la mort, des archers, des assassins, des guerriers, des fantassins, des artilleurs, des fusiliers... Un mélange hétéroclite d'individus et de soldats qui avançait d'un pas lourd et décidé vers les positions de la Légion. Un homme arriva à leur niveau, un gilnéen entouré d'une garde rapprochée... L'homme, car il en était un, portait une belle armure flambant-neuve sans aucune marque de combat et vint contempler l'assemblée des worgens, poussiéreux, couverts de sang, de blessures, aux tenues de cuir et de maille déchirée, santant la mort et la sueur. Le nouveau venu fut rapidement identifié par Walther et Eugène qui s'avancèrent vers lui, le saluant une fois à son niveau.

- Mon commandant. Je suis le lieutenant-commandant de la première compagnie d'éclaireurs de Gilnéas, à vos ordres.

L'homme toisa ce worgen au pelage sombre qui le fixait et qui lui semblait tout droit sorti du pire des enfers. Il eut un mouvement de dégoût franc et affiché qui fit grogner quelques worgens... Le capitaine Blackhart et le lieutenant Dean observèrent silencieux ce nouveau venu.

- Je suis le Commandant Lester-Crown, premier fils du duc de Follcaster, sieur Edwyn Lester-Crown. Je prend le commandement des opérations gilnéennes dès à présent et par la bonne volonté et sur ordre direct du roi.
- A vos ordres commandant, et quelles sont les dir-...
- Je vous prie de ne point me couper ! Vous n'êtes qu'un lieutenant-commandant de compagnie, comment osez-vous... Vous et vos hommes, s'ils en sont encore, avez échoué dans votre tâche ! A cause de vous la gra-...
- Tout doux Lester !


Un worgen imposant au regard de feu et au pelage de braise fit son apparition. Il dégageait une certaine aura de par son allure massive. Il avait perdu un œil et quelques crocs. Il portait une lourde armure de plaques sombres et avait accroché une large lame dans son dos, plus large même que la pale d'un gyrocoptère. Ledit worgen portait un vieux tabard de Gilnéas délavé, usé, troué, brûlé, rapiécé... Il fumait un barreau de chaise aussi paisiblement que possible au vu de la situation et affichait un calme druidesque parfait. Eugène qui observait de loin la scène remarqua son insigne de général et crut reconnaitre un des hauts gradés de l'Etat-Major de Gilnéas. Et en effet il l'était. Le worgen répondait du nom de MacCallway, et il était dit-on impitoyable. Il se retourna ver le commandant Lester-Crown et lui souffla un épais nuage de fumée au visage. Ce dernier comprit qu'il était temps pour lui et sa belle armure de partir promptement suivre le gros des troupes... les explosions reprirent de plus belle et l'on entendit au lion les bruits incessants et ccadé des combats acharnés. L'avant garde de l'Alliance avait établit le contact avec les premières lignes de défense de la Légion et s'avançait vers le camp fortifié. Le général Maccallway émit un fin sourire et hissa d'un ample geste sa claymore sur son épaule. Le commandant Springfield prit soin de lui demander les prochaines directives, alors l'imposant worgen se retourna et contempla le groupe des worgens tous plus amochés les uns que les autres mais dont le regard n'en était pas moins déterminé. Il leur fit un signe de tête pour les inviter à le suivre. Alors une des jeunes recrues occupée à panser les plaies d'un camarade se mit à hurler longuement d'un timbre grave, suivit par son camarade et ainsi de suite jusqu'à ce que le hurlement se transforme en une complainte lupine entonnée par toute la compagnie, touchant même le général bardé d'acier...

La haine...

Un choc. Un souffle. Un fracas... Les troupes de l'Alliance s'était emparées d'un premier tiers du camp fortifié mais étaient ralenties par un épais et compact barrage démoniaque qui coutait plus de vie qu'il n'apportait de terrain... La situation était bloquée et les efforts des fantassins redoublèrent pour gagner quelques précieux centimètres quand ce phénomène inattendu retentit... Comme la brise puissante et mortelle d'un dieu, celui de la mort...
Un choc. Un souffle. Un fracas... La première salve des balles tirées par la compagnie du haut des roches noires et balayées par le bruit du fracas des combats imposa la stupeur et la surprise dans les rangs des armées encore trop habituées aux charges héroïques et classiques... Les factionnaires de la Légion eux même furent quelque peu débordés et surpris par cet effet nouveau. Il s'agissait d'une véritable pluie incessante d'acier et de plomb qui fendait les airs et transperçait les chairs... Un tonnerre incessant de percussions et d'explosions... Les worgens avançait à découvert, en marchant, pris d'une rage inconnue et sans bornes il progressaient... Tenant leurs fusils à la hanche il tiraient sans cesses visant au jugé les corps hideux des créatures extra azerothiennes. Il ne formaient pas cette ligne trop classique et trop dangereuse, il agissaient individuellement, s'empressant de presser les détentes de leurs fusils après chaque mouvement de culasse. Le sergent Barry et son camarade Wesson étaient même torse nu portant sur eux des cartouchières de la mitrailleuse. Le massif engin qui n'avait pas été conçu pour être mobile avait été soulagé de son trépied et de d'une partie de son système de refroidissement à eau. Il ne restait que le canon, le bloc de culasse et la détente, le tout tenu par quelques sangles de mailles et de corde improvisées en quelques instants... Les deux worgens progressaient de manière sur-réelle parmi la foule des ennemis et des explosions verdâtres. Tirant de courtes rafales à une cadence improbable, fauchant des lignes entières de gangrechiens et de d'infernaux... Les premiers worgens arrivant au contact des démons lancèrent des grenades défensives emportant en de sourdes déflagrations des parties entières d'ennemis agonisants... Mais la Légion avait des ressources et aussi les fusiliers pâtirent de leur offensive, des gangrebombes explosèrent çi et là à travers la progression des canidés enragé, emportant des membres, des corps entiers et soulevant loin dans les airs des carcasses qui s'écrasaient au sol dans un bruit d'os de de chair liquéfiés. La situation fut débloquée, débordée sur deux fronts, la Légion battit en retraite... Les troupes de renforts et les fantassins progressèrent dans le camp et libérèrent tous les croisés encore en vie. Il fallut continuer, le général rejoignit un instant les troupes de la première compagnie. Il n'en restait presque plus rien... Une vingtaine tout au plus tenait encore debout. Une majorité s'était transformée en humains, par manque de forces. Le gros des troupes avançait à vive allure suivant les dirigeants politiques déjà loin devant.

- Commandant Springfield ! Varian est en vie ! Nous poursuivons l'offensive, vous et vos hommes sécurisez les lieux ! La canonnière va passer vous récupérer avec les prisonniers et les blessés. Aidez le transfert et rejoignez-nous sur la crête nord, vous servirez d'appuis feu !
- A vos ordres général !


Et ainsi le massif guerrier disparut au loin, engloutis par le fracas et la reprise du combat avec les forces ennemies. Walther avisa ses hommes. Ils étaient épuisés. Waldrow avait prit plusieurs éclats dans le ventre et était soigné par deux infirmiers, mais vu les insultes et les jurons qu'il lançait, il n'avait pas à s'en faire pour sa vie. Eugène revint soutenant Dean par l'épaule. Le lieutenant Dean avait perdu un bras et un pied dans une explosion. Ses chairs suintaient et dégoulinaient de lambeaux moribonds et ensanglantés, il n'arrêtait pas de répéter "en avant, en avant", visiblement choqué et inconscient. Les deux servants de la mitrailleuse étaient étalés, en plusieurs morceaux fumants sur plus de vingt mètres carrés, mâchoire par ci, bras pas là, un œil, une jambe... Touchés de plein fouet par une gangrebombe fatale. Eugène lui même avait de lourdes séquelles, son visage saignait abondamment et portait plusieurs marques d'éclats de shrapnel... Walther s'estima chanceux de ne pas avoir été touché, mais il s'aperçut rapidement que sur la vingtaine de survivants seuls huit étaient des miraculés indemnes. Les minutes passèrent, les worgens survivants furent placés sur la pente légère qu'ils avaient dominé pendant leur progression, alignés, assis, allongés, exténués... Les volontaires, douze au total se chargeaient sous le commandement de Blackwood de libérer les croisés prisonniers et les blessés qui ne pouvaient plus se battre ou qui n'avaient pas rejoint la colonne des renforts... Il y avait bientôt sur la pente une cinquantaine d'humains tous dans un état catastrophique. Les uns plus amochés que les autres. La terre noire était marquée de fines rigoles te petits filets de sang qui dévalaient la pente au gré des blessures suintantes et des afflictions purulentes des chairs.
Les hommes, éclaireurs et croisés faisaient preuve d'une très grande solidarité, comme celles que l'on ne peut voir qu'à la guerre. Tout était équitablement partagé : l'eau, les vivres, les bandages... Chacun prenait soin de son voisin comme il le pouvait. Après presque dix minutes d'attente, pendant lesquelles les derniers blessés et prisonniers furent ramenés par Eugène et les douze volontaires, le bruit sourd et le bourdonnement si particulier de la canonnière fendit les cieux animés de ces éternels éclairs verts angoissants... Eugène et ses hommes reprirent la route du campement fortifié vérifier que nul vivant n'avait été oublié. Les blessés furent hissés, du plus grave au moins touchés par la soute à munitions. De là ils furent directement pris en charge par les équipes médicales, largement débordées et qui s'afféraient déjà à recoudre les chairs, penser les plaies, et stopper les hémorragies... Le balais était incessant et il n'y avait plus que cinq gyrocoptères pour assurer la sécurité du bâtiment... Walther angoissait un peu... Les vaisseaux volants de l'ennemi avaient disparut avec le reste des troupes lors de la reprise du camp, mais ils devaient rôder non loin en quête de nouvelles victimes à exterminer. Eugène revint avec une jeune prêtresse de bataille. Son teint était livide et Walther doutait qu'elle survive bien longtemps, mais elle était vivante. Enfin après plusieurs minutes, les blessés furent tous montés à bord. Il ne restait au sol plus que neuf hommes, Eugène, Walther et sept autres miraculeusement indemnes... Le chef-mécanicien de la canonnière observa les unités au sol et leur fit un signe. Eugène répondit en levant le bras en l'air avec de grands moulinets. Le signal était donné, la canonnière devait décrocher. Les troupes au sol allaient rejoindre comme prévu les unités régulières pour la bataille finale. La canonnière s'ébranla et disparut en altitude teintant l'air de son vrombissement de plus en plus lointain. Eugène observait ce départ tandis que la petit colonne s'était mise en route...
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Evgueny Tharlson

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The End is coming

Message par Evgueny Tharlson le Lun 2 Oct - 16:58

Leur progression fut calme, rapide, attentive, fusils épaulés, regards acérés, ouïe en alerte... Leurs pas étaient assurés, calmes, d'une intelligence conditionnée. Il n'y eut pas un mot, pas un rire. Leur progression était silencieuse et furtive. Le sol était noir et gris, morcelé, sec, poussiéreux. De petites fumerolles vertes s'échappaient du sol en certains endroits. Leurs semelles écrasaient des centaines de roches friables et brisaient quantité d'ossements rognés et rongés par le fel. Chaque détour de roche, chaque fin de combe, était sécurisé et scruté. Chaque parcelle du ciel était régulièrement pointé, l'horizon lointain était observé avec une attention toute particulière. Après de longues minutes qui semblèrent des heures dans cette terre désolé et oubliée de tous, le groupe parvint en vue des troupes de l'Alliance. La crête rocheuse était occupée par les réprouvés et Sylvanas, le terrain était occupé par une horde de milliers de démons tous plus imposants les uns que les autres. Et face à eux, quelques centaines, tout au plus un millier d'unités de l'Alliance... Walther leva le poing, la troupe posa un genou à terre et s'immobilisa. Le commandant prit ses jumelles et observa la situation...
Au loin le combat était engagé, furieux, enragé, desespéré et incertain. Les démons tombaient nombreux sous les coups puissants des meilleures unités de Hurlevent et de l'Alliance. Genn Grisetête faisait la fierté de l'unité de projection rapide grâce à ses déplacements vifs et ses attaques critiques en tout point. Varian Wrynn se battait comme un héros, comme un dieu vivant. La Légion malgré sa lourde supériorité numérique n'arrivait pas à vaincre ou à faire reculer le noyau le plus dur et le plus irrésistible des unités de courage et d'honneur. Les gilnéens se mirent en position, ils étaient à plus de cent cinquante mètres de la première ligne et engagèrent le tir. Le renfort de douze unités serait peut-être appréciable. Les éclaireurs ouvrirent le feu sur les unités ennemies visant en priorité les plus gros démons et ceux, fourbes, qui tentaient de prendre l'Alliance sur son flanc. Les tirs furent redoublés encore et encore... Au sol le combat était âpre et intense. A un contre dix, c'était de la cohésion et de la formidable organisation tactique des troupes qui permettait de tenir et de contenir les troupes ennemies. Nombre de soldats se faisaient trancher en deux, voyaient leurs jambes arrachées par des gangrechiens, leurs crânes fendus par des gangregardes, leurs esprits menacés par les Natrezhims, leurs corps brûlés par les infernaux. Mais ils tenaient bon. Les plus faibles étaient relayés à l'arrière et les plus forts étaient placés au contact. Le choc des armes et des boucliers, des haches et des lames entrait en résonance avec le cœur, le choc, l'effroi et la haine !
Il s'agissait du plus grand combat de tous les temps. La révélation finale de la destinée d'Azeroth, l'ultime acte de l'Histoire. De ce front précaire et restreint, sur cette terre désolée et abandonnée se décidait à chaque seconde, à chaque frappe à chaque mort l'avenir et la mort de millions d'êtres, le Destin de ce monde.

- Munitions !
- A SEC !
- A SEC !
- A SEC aussi !

Walther se retourna et observa à droite et à gauche. Ses hommes étaient tous tombés à court de munitions. Seul Eugène tira encore une fois. L'ordre fut alors donné.

- Baïonnette au canon !

Dans un glissement métallique imprécis, rapide, hésitant les longues baïonnettes cruciformes furent placés sur les canons des fusils. Des "clacs" vinrent terminer cette pratique. La charge fut courte, et peu épique. Douze hommes en uniformes déchirés, couverts de sang et de boue, de tripes et de blessures chargeaient à pleine voix une horde de plusieurs milliers de démons. Le choc allait être rude, prompt, sec et fatal. Les gilnéens allaient s'écraser dans des craquements de mort contre les murailles de corps et de flammes de la Légion. Mais qu'importe, ils chargeaient. Fusils en avant, baïonnettes aussi menaçantes que faire se peut, les douze unités de la première compagnie de Gilnéas fonçaient vers une mort certaine... Leur mouvement et leurs hurlements attirèrent l'attention d'une cinquantaine de démons, tous imposants, qui se mirent à courir à leur rencontre à toute allure ! Les hommes redoublèrent leur fureur et n'entendirent plus en eux qu'un cœur affolé battre à la chamade.   Il était possible de voir les yeux atrophiés des gangregardes. Ces derniers levèrent leurs haches haut dans le ciel allaient les abattre sur les fragiles corps malmenés.
Et dans un fracas déchirant les airs et les chairs, la première ligne des démons s'effondra au sol, suivie de la seconde et de la troisième ! Et ce fut tout le groupe des hostiles qui termina sa course au sol, abattus. La canonnière était arrivée en renfort. Attaquant l'ennemi de son flanc, ses lourdes pièces d'artillerie jusque là muettes déclenchèrent un feu d'enfer, digne des pires colonnes dantesques de Ragnaros. D'immenses et puissantes gerbes de lave et de chairs impie volèrent dans les airs. Sur le pont de tir, les servants affichaient des records de frappes avec plus de quarante coups par minute ! Les blessés bien qu'épuisés et gravement touchés aidaient à charger et porter les munitions de quatre-vingt et de soixante-seize crachées par les postes de tirs latéraux. A présent il n'y avait plus rien dans ce pont qu'un gigantesque vacarme diabolique digne des pires et plus hauts cauchemars de Yogg Saron. Les tourelles ouvraient le feu dès qu'un obus était chargé. Trois personnes se chargeaient  de charger, armer et ferme la culasse tandis qu'un servant principal ouvrait le feu. L'atmosphère était suffocante, l'on ne discernait plus rien des lourds linteaux de bois formant les parois de la coque tant les tirs dégageaient une épaisse fumée, aux senteurs de souffre et de charbon à chaque ouverture de culasse. Les gestes des manœuvres étaient conditionnés, devenus des réflexes. Les tourelles, au nombre de quatre, crachaient un déluge apocalyptique de munitions explosives et de sous-munitions enflammées. Les postes étaient saturés d'une chaleur inhumaine. Les canons avaient entonné un chant, celui d'une fureur diabolique de fer et de feu. Des centaines de douilles étaient évacuées de ces derniers et chutaient dans les coursives, inondant tout le pont, poussées par paquets de dix pour les faire dévaler l'escalier vers le pont inférieur, celui des soutes où se trouvait la trappe ventrale utilisée plutôt par les worgens. C'est donc  une impossible et irréaliste pluie de douilles qui s'échappait des entrailles de la bête. Il y en avait tellement qu'elles formaient un rideau doré aux reflets de la colonne de fel. Leur nombre et leur densité semblait comme former un mur épais et infranchissable de métal composé de lourd métaux venant s'effondrer au sol, fumant, incandescent... La canonnière vomissait littéralement du métal en fusion. Sur le pont supérieur tous les gilnéens de la compagnie aidés de plusieurs croisés ouvraient le feu avec toutes les armes possibles du bord sur la masse inqualifiable des démons. Les gilnéens, excellents tireurs qui avaient pour compétence leur maîtrise totale de l'art du tir rivalisaient de morts par doublets tandis que le croisés pour qui ces armes étaient encore presque aussi impies que le Fléau tentaient tant bien que mal de tirer en direction de la masse grouillante, ne manquant certainement pas de tuer et de blesser pléthore de démons. La combinaison de la toute puissance déchainé de la technique alliée à la volonté pure et parfaite de la haine totale des hommes sur le Brise-Ciel l'affirmèrent non plus comme le simple outil de la puissance dévastatrice du triomphe d'une volonté... La canonnière était devenu une déesse, celle de la mort, capable à elle seule de rivaliser avec la toute puissance de la Légion, l'ennemi qui défit les Dieux eux mêmes. Elle était l'incarnation du Destin profond de la race déterminée à survivre dans les ténèbres en s'affirmant comme celle qui répend la mort, celle qui affirme le jugement dernier des âmes démoniaques celle qui engloutit continents et mondes entiers dans les abysses d'une mort sans retour. Son fracas rivalisait et dominait même de loin le marteau de Golganneth. Sa volonté était plus forte et plus totale que cette d'Aman-Thul. Elle avait le pouvoir du panthéon incarné en elle et dans la haine de ses membres qui désiraient désormais plus que tout, tuer, le plus possible avant de périr eux même. Et c'est ainsi que les canons d'artillerie se mirent à rougir, que les canons fumèrent, que des centaines de grenades furent lancés. Et le sol et la terre, et le monde furent marqués de par le coup d'éclat soudain, plus puissant encore que le Shah de la Colère, de la nouvelle déesse de la Haine sans limite qu'Azeroth s'était choisie.
Au sol l'intervention du Brise-Ciel fut une catastrophe sans nom, un péril des plus imminents, la menace certaine d'un flot de flamme rédemptrices et purificatrices érigées par la toute puissance Technique. La Légion fut réduite en charpie, en lambeaux, les ennemis sombrèrent dans le néant et l'oubli fauchés par dizaines, par centaines de ces gerbes divines venues du ciel, et qui, conjuguées à la terre créaient des éléments nouveaux en fusion emportant avec eux dans une folie digne de l'hybris, des rangs entiers de démons. Ce temps court, long, inqualifiable, fut le Salut divin des troupes au sol, qui sur ordre des rois, regagnèrent la canonnière par des dizaines d'échelles de cordes, de grappins, de cordages qui leur étaient lancés. La retraite put se faire rapidement, sans encombre et sans pertes tant le puissant et titanesque tir de barrage de la canonnière entrait en symbiose avec la notion même d'annihilation totale. Les gilnéens survivants au sol attrapèrent des cordes pendant leur course et se hissèrent non sans mal sur le pont supérieur. Des groupes entiers de dizaines d'hommes, d'elfes et d'autres agrippaient les échelles, abandonnant armes et parties d'armures sur le sol et se ruant à l'intérieur du monstre de fer. Il ne resta bientôt plus personne à l'extérieur. Walther s'était placé sur le le pont supérieur et avait ouvert le feu. Il était assisté d'Eugène et de Waldrow qui arrosaient copieusement les quelques démons qui tentaient de s'emparer des cordages... Ils observèrent Genn Grisetête se laisser tomber dans une roulade sur le bois du pont. Il se releva assez promptement et observa la progression sur l'échelle de corde de celui que tous attendaient comme le plus grand héros de tous les temps. Varian Wrynn gravissait ladite échelle. Mais soudain, une gangrebombe fendit les cieux, d'une taille imposante elle s'avéra être plus grande et plus inquiétantes que toutes celles alors croisées. La canonnière fit une embardée et n'évita que de quelques mètres la boule en fusion qui vint s'écraser au sol. Les trois officiers se pensaient sains et saufs mais le pire n'était jamais qu'une question de seconde... Une main de gangrefer et de fel agrippa la canonnière et la fit chavirer sur tribord. De nombreux servants et mitrailleurs chutèrent dans le néant des fumées vertes et grondantes de la gigantesque monstruosité sans nom... Le bâtiment allait céder. Waldrow s'était accroché tant bien que mal au brans-le-bas qui menaçait de céder. Eugène avait planté sa dague entre deux planches et s'y agrippait comme un dément tandis que Walther contempla ses amis s'éloigner, plongeant dans un silence et sans un mot vers les ténèbres d'une mort certaine. Il vit clairement Waldrow hurler dans sa direction. Il tendait une main pleinement ouverte comme si cela pouvait lui être encore utile....
Il entendit le vent siffle derrière ses oreilles. Avec lui il entendit les murmures et les paroles de tout ceux qu'il avait connu. Ses parents, ses amis proches. Il écarta les bras, fixant le ciel voilé d'un regard brillant et serein. Il avait en mémoire ce qu'il fut. Sa guerre en Gilnéas, Tedd, le Pub des Gardes du Roi, les soirées de chants et de boisson. Il se remémora les courses contre la mort dans les landes lors de l'attaque des Réprouvés, le chant des elfes de la nuit... Sa première vision de Teldrassil... Il ferma alors les yeux baigné par cette pénombre ambiante. Celle qui lui rappelait la Pénombre lointaine du comté où il avait retrouvé une famille et une cause à servir. Mia, étrange femme... Marner avec qui il partageait la passion de l'ingénierie, il y avait aussi toute cette bande de worgens furieux et étranges... Norlf le vieux barbu et son éternel chapeau... Il avait aimé cet endroit. Il aimait encore cet endroit. Alors il ferma fort les yeux et murmura quelques paroles inaudibles...

"Je reviens à vous...".
Il sombra dans les fumées et ce fut alors, le noir total...

Un autre drame se jouait cependant sur la canonnière. Eugène et Waldrow, aperçurent le haut roi Wrynn, sauter, toutes lames brandies, sur la créature de mort. Il lui perça le crâne, lui fendit la tête, lui arracha la vie... Il tomba au sol... Engloutis par l'épaisse fumée verte... La canonnière mit le cap à bâbord toute et fit demi tour, s'éloignant de la zone de danger... Les deux gilnéens coururent vers la plage d'observation arrière, déjà bondée d'officiers de soldats, du Mekgénieur et du roi Genn Grisetête... Il n'y avait plus rien, passé le bourdonnement des moteurs... Plus aucun bruit, plus aucun tonalité de combat, plus de trace de la guerre... Et soudain. Une explosion. Une raie de lumière verte fendit la fumée et la poussière et éclaira le lieu de la bataille... Tout redevint calme. Tout se termina ici... Il n'y avait plus rien, plus de canons, plus de fusils, presque plus d'hommes et plus de volonté... Il ne restait rien dans ces ténèbres. Rien que...

L'Espoir...
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Re: Récit de l'assaut du Rivage Brisé. [Avec un Caméo d'un ancien Veilleur ! ;]

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